En Hesbaye, l’agriculture régénératrice passe aussi par une gestion circulaire de l’eau
Chez Nestlé, l'agriculture régénératrice ne se résume pas à une série de pratiques agricoles. Elle vise à accompagner les agriculteurs vers des modèles plus résilients tout en préservant les ressources dont dépend notre système alimentaire. En Hesbaye, l’initiative Living Waters montre comment cette ambition prend forme sur le terrain. Mené avec des agriculteurs, des fournisseurs et des acteurs de la protection de la nature, ce projet collectif associe gestion circulaire de l'eau, soutien à la transition agricole et restauration de la biodiversité.
Soutenu depuis 2021 par le Responsible Sourcing Program for Vegetables & Spices de Nestlé, Living Waters réunit Hesbaye Frost, fournisseur de légumes historique de Nestlé, Natagora, la coopérative agricole Apligeer et des agriculteurs locaux. Chacun apporte son expertise pour construire un système utile à l’agriculture comme à la nature. Le projet repose sur une idée simple mais ambitieuse : donner une seconde vie à l'eau utilisée lors du lavage des légumes.
Deux zones humides pour une gestion circulaire de l’eau
Après la récolte, les légumes destinés à la surgélation sont lavés. L’eau utilisée est ensuite traitée par Hesbaye Frost, puis redirigée vers des zones humides locales plutôt que rejetée dans le réseau hydrographique.
Le projet comprend une zone humide protégée de 43 hectares, déjà restaurée, dans la réserve naturelle du Haut-Geer, ainsi qu’une seconde zone humide de 20 hectares en cours de création à Waremme. Reliés entre eux, les deux sites forment un système local de gestion circulaire de l’eau.
L’eau traitée alimente des bassins d’irrigation et de stockage : elle constitue une réserve mobilisable pour les terres agricoles environnantes lorsque les conditions l’exigent tout en contribuant à recréer des habitats pour la faune et la flore.
Des pratiques régénératrices sur 1000 hectares
Les agriculteurs locaux impliqués dans ce projet mettent progressivement en œuvre plusieurs pratiques d’agriculture régénératrice : couverture permanente des sols, rotation des cultures, travail du sol limité, plantation de haies et irrigation de précision.
Grâce à ces bassins, les agriculteurs engagés dans le projet disposent d’un accès plus stable et gratuit à l’eau. Des systèmes d’arrosage guidés par GPS et des sondes d’humidité des sols permettent aussi d’utiliser la ressource au plus juste. Au total, jusqu’à 1000 hectares de terres agricoles bénéficient de cette approche innovante de réutilisation de l’eau.
Le soutien financier de Nestlé a contribué à installer les infrastructures nécessaires, notamment des pompes et des conduites vers les bassins, ainsi que des équipements d’irrigation de précision.
62 espèces d’oiseaux supplémentaires et des visiteurs passionnés
Les effets sur la biodiversité sont déjà mesurables. Selon le suivi de Natagora, 85 espèces d’oiseaux ont été observées dans la zone humide de Waremme depuis la remise en eau du site en 2024, contre 23 espèces entre 2020 et 2024, lorsque les bassins étaient asséchés. Parmi les espèces recensées, 37 sont directement liées aux milieux humides, dont le rare grèbe à cou noir.
Réintroduire l’eau dans ce paysage, c’est aussi recréer des habitats pour les espèces qui y ont naturellement leur place. Les observations montrent à quel point la nature peut réagir rapidement lorsque les conditions favorables sont réunies.
Au-delà des bénéfices évoqués, le projet crée également de la valeur pour les communautés locales. Les zones humides développées constituent des espaces privilégiés pour l'observation de la nature et des oiseaux, attirant déjà naturalistes, promeneurs et passionnés. Le site a par ailleurs vocation à devenir un lieu de découverte. La réserve du Haut-Geer est déjà accessible gratuitement au public. À terme, les partenaires souhaitent également ouvrir la zone humide de Waremme afin d’en faire un lieu de sensibilisation et de rencontre autour de la nature.
Le collectif comme condition sine qua non
Le projet montre que ces avancées doivent reposer sur une collaboration étroite entre les acteurs de la chaîne de valeur et les experts du territoire.
Living Waters illustre la manière dont nous pouvons mobiliser notre chaîne de valeur pour apporter des solutions aux défis environnementaux. En donnant une nouvelle utilisation à l’eau traitée, nous soutenons les agriculteurs dans leur transition vers des pratiques régénératrices tout en créant des conditions favorables au retour de la biodiversité.
Une journée pour découvrir Living Waters
Pour marquer une nouvelle étape du projet, les partenaires ont ouvert les portes du site de Waremme à un large éventail de visiteurs. Le matin, des élèves du primaire ont découvert le rôle des zones humides dans la biodiversité et le cycle de l'eau à travers un programme éducatif développé avec Natagora.
L'après-midi, clients, ONG, experts durabilité, journalistes et décideurs politiques ont parcouru le site pour suivre le parcours de l'eau et découvrir concrètement comment agriculture, industrie agroalimentaire et acteurs de la conservation travaillent ensemble.
Cette journée a également permis de mettre en lumière l'une des forces du projet : sa capacité à rassembler des publics très différents autour d'un même objectif.
« Quand des enfants explorent une zone humide le matin et que des décideurs y discutent de l’avenir de l’agriculture l’après-midi, on sait que l’on crée bien plus qu’un projet. On crée un lieu où les gens se rassemblent autour d’un avenir commun », conclut Kris Peeters, Sustainability and Packaging Lead, Nestlé Benelux.
EN BREF
- Objectif de Nestlé dans le monde : 50 % des volumes d’ingrédients clés provenant d’agriculteurs adoptant des pratiques d’agriculture régénératrice d’ici 2030.
- Deux zones humides reliées : 43 hectares au Haut-Geer et 20 hectares à Waremme.
- Jusqu’à 1000 hectares de terres agricoles concernés.
- 85 espèces d’oiseaux observées depuis 2024, contre 23 lorsque les bassins étaient asséchés.
- Un projet mené avec Hesbaye Frost, Natagora, la coopérative agricole Apligeer et des agriculteurs locaux.