Risques liés au travail des enfants dans la chaîne d’approvisionnement en cacao de Nestlé, en Côte d’Ivoire.

Nous ne tolérons pas le travail des enfants dans notre chaîne d’approvisionnement et sommes fermement opposés à toute forme d’exploitation des enfants. Les Principes de conduite des affaires (Corporate Business Principles) et le Code de conduite pour les fournisseurs (Supplier Code) de Nestlé couvrent explicitement le travail des enfants et nous prenons des mesures afin de l’éliminer progressivement, en évaluant chaque cas particulier et en nous attaquant aux causes profondes.

Ces démarches s’intègrent dans le Nestlé Cocoa Plan, lancé en 2009, qui vise à améliorer la vie des communautés productrices de cacao et la qualité du cacao que nous achetons. Nous avons déjà investi CHF 110 millions et nous sommes engagés à poursuivre nos efforts pour permettre aux producteurs de gérer leurs exploitations de façon rentable, pour améliorer l’environnement social et pour acheter pour nos produits du cacao de bonne qualité, issu du développement durable. Nous travaillons sans relâche pour améliorer le contrôle et la responsabilité, à travers divers tiers de notre chaîne d’approvisionnement.

En 2014, avec l’aide de l’International Cocoa Initiative (ICI), nous avons mis en place notre système de contrôle et de remédiation du travail des enfants (CLMRS) en Côte d’Ivoire. En plus des systèmes de certification, ce mécanisme global nous aide nous et nos partenaires à identifier les enfants en situation à risques au sein de chaque communauté cacaoyère et à sensibiliser les particuliers au problème, ainsi qu’à aborder et à limiter celui-ci. Le CLMRS a été déployé par 69 coopératives dans plus de 1 000 communautés et protège quelques 37 100 cultivateurs. Par ce biais, nous avons identifié plus de 6 000 enfants exécutant des tâches qualifiées de travail des enfants (par exemple, aider leurs parents à porter de lourds sacs de fèves). Nous avons aidé plus de 4 680 de ces enfants et prenons des mesures afin de secourir le reste d’entre eux en début d’année.

Permettre aux enfants des communautés cacaoyères d’accéder à une éducation fait partie de nos constants efforts pour réduire le nombre de cas de travail infantile. Nous avons construit et rénové 42 écoles qui accueilleront plus de 11 000 enfants, et, en 2016, nous avons lancé une collaboration avec la Jacobs Foundation afin d’inclure l’alphabétisation à nos travaux pour remédier au travail des enfants.

L’abolition du travail des enfants est une responsabilité commune et tout acteur, à l’échelle globale ou locale, déterminé à faire avancer la résolution du problème et souhaitant débattre, se mobiliser ou lancer une action collective est le bienvenu. Enfin, nous souhaitons encourager les communautés protégeant leurs enfants de toute forme d’exploitation. Nous sommes convaincus qu’une meilleure compréhension et sensibilisation amèneront un changement positif et nous sommes déterminés à jouer notre rôle dans l’éradication de ce problème complexe et grave au sein de notre chaîne d’approvisionnement.

Le travail des enfants est-il une réalité dans la chaîne d’approvisionnement en cacao de Nestlé ?

Oui, le CLMRS et la Fair Labor Association (FLA) ont tous deux constaté que des enfants travaillaient dans des fermes où nos fournisseurs achètent le cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana. La grande majorité de ces enfants travaillent pour leurs parents, généralement en portant des charges de fèves trop lourdes pour eux. Malheureusement, aucune compagnie se procurant du cacao dans ces deux pays ne peut garantir que le travail des enfants est complètement éradiqué de sa chaîne d’approvisionnement. Nestlé n’est en rien différent, mais nous sommes déterminés à combattre le problème.

Combien d’enfants le CLMRS de Nestlé a-t-il identifié jusqu’à maintenant ?

Des 36 740 enfants que nous avons recensé depuis le lancement du CLMRS en 2014, 6 065 ont été classifiés comme travailleurs enfants. Jusqu’à présent, nous en avons aidé 4 680 et prenons des mesures pour secourir le reste d’entre eux d’ici début 2017. La grande majorité de ces enfants travaillent pour leurs parents, généralement en portant de lourdes charges de fèves.

Ces fermes sont-elles certifiées ?

Oui, toutes ont été certifiées soit par le commerce équitable (Fairtrade) soit par les standards UTZ. Nous réalisons que les inspections traditionnelles ne sont pas totalement optimales lorsqu’il s’agit de détecter des problèmes sociaux tels que le travail des enfants, et qu’il serait préférable que la population locale opère un contrôle continu. UTZ a désormais modifié ses standards et exige l’application d’un tel système de CLMRS partout où il y a un risque de travail des enfants. C’est la raison pour laquelle tout acteur, à l’échelle globale ou locale, déterminé à faire avancer la lutte contre ce problème et souhaitant débattre, se mobiliser ou lancer une action collective est le bienvenu.

Quel genre d’aide (ou de « remédiation ») apporte Nestlé ?

Chaque cas de remédiation est différent puisque l’aide que nous apportons dépend de la situation de l’enfant. Jusqu’à présent, nous avons aidé les enfants identifiés en leur donnant accès à une éducation, en fournissant des kits scolaires à la rentrée, et en leur obtenant des certificats de naissance, étant donné que les enfants n’en possédant pas sont exclus de l’enseignement secondaire. Nous avons également cherché à augmenter le revenu du foyer en aidant les femmes à créer ensemble une activité génératrice de revenus, telle que l’exploitation de cultures vivrières pour le commerce ou la première étape du traitement des récoltes. De plus, nous avons aidé de jeunes adultes à créer des groupes de services fournissant des travailleurs capables d’effectuer des activités dangereuses pour les enfants. Tout au long de l’année 2017, nous analyserons le taux de succès de ces différentes activités afin de cibler nos futures remédiations. En plus d’autres activités du Nestlé Cocoa Plan, ces activités de remédiation combattent le problème du travail des enfants à la racine en aidant, par exemple, à augmenter le rendement et la rentabilité agricole et en payant une prime sur le cacao.

Selon la FLA, combien d’enfants travaillent dans les fermes faisant parties de la d’approvisionnement en cacao de Nestlé en Côte d’Ivoire ?

Les visites de contrôle et de suivi indépendantes et externes de la FLA montrent d’une baisse du travail des enfants en Côte d’Ivoire. De septembre à décembre 2014, lors du pic de la période de récolte du cacao, la FLA a mené 13 visites de contrôle indépendantes et externes dans 13 communautés cacaoyères du pays. Des experts ayant visité 260 fermes dans quatre coopératives de quatre régions différentes ont trouvé 25 travailleurs enfants de moins de 15 ans ainsi que 31 jeunes travailleurs entre 15 et 18 ans travaillant dans les champs de cacao. Nous avons immédiatement examiné les cas identifiés et entrepris des efforts de remédiation. De septembre 2015 à janvier 2016, les visites de la FLA dans 303 fermes de 16 communautés encadrées par 6 coopératives fournissant Nestlé ont trouvé 6 travailleurs enfants et 6 jeunes travailleurs. Cette baisse du travail des enfants, de 3 % à 1 %, a été publiquement déclarée par le FLA suite au contrôle indépendant et externe de notre chaîne d’approvisionnement en cacao en Côte d’Ivoire.

Comment fonctionne réellement le CLMRS ?

La première étape du CLMRS est d’activement coopérer avec les communautés où vivent les cultivateurs de cacao. Fin 2016, Nestlé a recruté 1 056 agents de liaison communautaire (Community Liaison People - CLP) dont le rôle est d’engager le dialogue avec les foyers locaux afin de rassembler les données qui nous sont nécessaires pour mieux comprendre l’environnement dans lequel ils vivent et pour identifier les problèmes liés aux risques du travail des enfants. Ces données sont recueillies à l’aide de templates spécifiques auxquels les CLP peuvent avoir accès via les GSM fournis par Nestlé et l’ICI. Une fois recueillies, ces informations sont regroupées par nos 69 agents Co-op Child Labour, des membres de la communauté désignés par les coopératives agricoles, puis utilisées dans le but de proposer et d’implémenter des actions de prévention du travail des enfants et de remédiation. De plus, les CLP dispensent des séances de sensibilisation au travail des enfants auxquelles 193 424 cultivateurs et membres de la communauté ont eu accès, et qui ont permis de recenser 36 740 enfants. Le CLMRS est dirigé par un responsable du travail des enfants à Nestlé, et assisté à tous les niveaux par la fondation caritative Suisse qu’est l’ICI.

Est-ce que d’autres entreprises suivent votre modèle dans l’utilisation du CLMRS ?

Oui, d’autres entreprises commencent à adopter ce système, surtout depuis la modification des standards UTZ qui deviennent une partie intégrante de la stratégie industrielle de CocoaAction pour une culture durable du cacao.

Cette tâche ne devrait-elle pas être la responsabilité des gouvernements ?

Nous saluons les efforts des gouvernements pour implémenter des systèmes nationaux de détection et de remédiation du travail des enfants. Cependant, ces efforts ne sont présentement pas suffisants, ce pourquoi nous mettons en place un système pour chaînes d’approvisionnement. Nous collaborerons et appuierons tous les efforts des gouvernements lorsqu’ils auront tendu la main aux communautés qui nous fournissent en cacao.

Que fait Nestlé pour répondre aux problèmes de durabilité dans sa chaîne d’approvisionnement en cacao ?

En tant que premier acheteur mondial de cacao, Nestlé prend très au sérieux la responsabilité qui lui incombe de veiller à ce que le cacao qu’il achète soit produit de manière durable. En 2009, nous avons lancé le Nestlé Cocoa Plan, qui a pour but d’améliorer le niveau de vie des cultivateurs et de leurs communautés, et qui repose sur trois piliers d’activités : amélioration des méthodes de culture, du niveau de vie et de la qualité du cacao. Nous formons les cultivateurs à de meilleurs pratiques agricoles, leur fournissons des cacaoyers à rendement plus élevé, promouvons l’égalité des genres, luttons contre le travail des enfants et développons des relations durables avec les groupes de cultivateurs.

Quelle a été la réaction de Nestlé face à l’enquête menée par l’Université Tulane, qui a démontré une augmentation du nombre d’enfants effectuant un travail dangereux ?

Nestlé salue la publication de l’enquête de l’Université Tulane au sujet du travail des enfants au sein des communautés cacaoyères au Ghana et en Côte d’Ivoire. Nous avons utilisé leurs observations afin d’accroître nos efforts pour éliminer le travail des enfants de notre chaîne d’approvisionnement en cacao. Bien que le rapport montre que l’industrie a fait quelques progrès dans sa lutte contre le problème, il est clair que celui-ci est encore un sujet de préoccupations. Les causes sous-jacentes du travail des enfants sont complexes. Son éradication est une responsabilité commune et tous les acteurs, y compris les industries, les ONG, les gouvernements, les autorités et les communautés locales, doivent collaborer pour réduire et finalement éliminer le nombre d’enfants touchés par cette pratique inacceptable.

Qu’en est-il du problème plus extrême encore qu’est le trafic et l’esclavage des enfants ?

Nous appliquons une tolérance zéro face au trafic ou à l’esclavage. C’est illégal. Si nous trouvons des preuves de telles pratiques, nous alerterons immédiatement les autorités compétentes. En 2014, les évaluations indépendantes de la FLA ont découvert un cas de travail forcé impliquant un jeune travailleur du Burkina Faso que l’on a estimé être âgé de 15 ans. Nous avons immédiatement poursuivi l’enquête auprès du cultivateur et de la coopérative concernés.

À quelle vitesse le travail des enfants peut-il est éliminé de la chaîne d’approvisionnement en cacao de Nestlé ?

Le travail des enfants est un problème complexe et il n’existe aucune solution rapide ou facile. Nous sommes déterminés à agir pour éradiquer ce problème. Cependant, le succès dépendant d’une large palette de facteurs et de la participation d’un grand nombre d’acteurs, nous continuons à collaborer avec le gouvernement et nos partenaires dans l’amélioration des normes et afin de garantir un progrès durable à la fois en Côte d’Ivoire et au Ghana.

Même si Nestlé renforce le Cocoa Plan, la majorité de son cacao est impossible à retracer. Qu’est-ce qui empêchera l’utilisation d’enfants esclaves dans la production de chocolat ?

D’ici 2020, plus de 50 % de notre cacao proviendra du Nestlé Cocoa Plan, ce qui veut aussi dire que sa traçabilité sera possible (actuellement, 33 % de nos fèves de cacao remplissent ce critère). Nous collaborons avec nos fournisseurs pour développer une chaîne de valorisation Nestlé Cocoa Plan spécifique et pour améliorer leurs méthodes à l’aide de l’encadrement collaboratif du CocoaAction. Nous sommes déterminés à éradiquer le recours au travail des enfants dans notre chaîne d’approvisionnement. Aucune compagnie se fournissant en cacao en Côte d’Ivoire ou au Ghana ne peut garantir que le risque de travail des enfants ait complètement disparu de leur chaîne d’approvisionnement. Nestlé n’est en rien différent, mais nous sommes déterminés à combattre le problème.

Pourquoi Nestlé ne s'engage-t-elle pas à une certification à 100 % comme vos concurrents ?

La certification est une part importante de nos activités d’approvisionnement responsable et du Nestlé Cocoa Plan dans le sens où il apporte une multitude de bénéfices aux cultivateurs, à l’environnement et aux consommateurs. Cependant, ces projets ne peuvent garantir seuls la disparation du travail des enfants ou lutter contre d’autres défis du développement durable étant donné que les causes sous-jacentes sont complexes et requièrent une action collective. Acteurs, industries, ONGs, gouvernements, autorités et communautés locales, tous doivent travailler ensemble. C’est la raison pour laquelle nous implémentons les mesures exposées dans notre plan d’action élaboré avec la FLA.

Nous espérons que le système de contrôle et de remédiation du travail des enfants qui en résultera contribuera à l’amélioration et au renforcement de l’efficacité des systèmes de contrôle internes aux coopératives en collaboration avec nos partenaires de certification. Finalement, notre priorité est d’assurer que nos actions ont un impact positif et durable sur l’existence des travailleurs agricoles, de leurs communautés et sur les paysages.